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Le fabuleux destin d’un livre informatique : poubelle noire, poubelle verte ou feu de joie?

Le fabuleux destin d’un livre informatique : poubelle noire, poubelle verte ou feu de joie?

15 juillet 2014Par Mélanie Dugué
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Chers auteurs de livres informatiques destinés aux étudiants,

Vous, messieurs (oui, surprise, juste des hommes!) Mickey Williams, Simon Guest, William R. Stanek, Matthew MacDonald, Mario Szpuszta, David S. Platt, Douglas J. Reilly, David Pallmann, David Sceppa, DamienFoggon, Daniel Maharry, Chris Ullman, Joseph Davies, Jeffrey Richter, Dino Esposito, James W. Newkirk, Alexei A. Vorontsov, Andrew Troelsen, Tom Archer, Andrew Whitechapel, Frank Engo, Cay S. Horstmann, Gary Cornell…

Vous dont les 21 œuvres littéraires attendent leur petite mort aux confins de nos murs, aidez-nous à répondre à notre question existentielle du jour : que fait-on avec vos livres informatiques? Que fait-on avec Programming Microsoft ASP.NET et ses 1165 pages écrites il y a plus de 10 ans? Que fait-on avec Pro ASP.NET 3.5 in C/ 2008, IIS 6.0, DELPHI 3 ou encore ASP.NET 2.0, ces livres qui abordent certains aspects de la programmation, et plus largement les technologies, les méthodes de travail dans le domaine, l’art de faire de bons tests, la réseautique, IPV6 (IPV quoi??) ?

Quel futur pour la désuétude?

Comment leur insuffler un second souffle? Comment faire perdurer leur contenu à travers le temps?

Une vente de garage? On les garde pour instruire les générations suivantes? On en fait don généreusement à la bibliothèque du village? On les archive secrètement toute sa vie pour les relire de temps en temps et se rafraîchir la mémoire sur certains concepts?

Non!! On ne peut rien faire avec eux. Pas de deuxième vie possible pour ces bouquins-là qui traitent des nouvelles technologies. Ça se renouvelle trop vite les TIC. Nous n’avons pour leur destin qu’un seul choix à faire, soit celui d’une fin tragique : décider s’ils finiront lamentablement leur vie dans le fond d’une poubelle noire rongés par les rats et déchiquetés par des chats errants (amis des animaux, ne pleurez pas, les chiens aussi pourront être de la fête), ou leur dire au revoir, la larme à l’œil, en les regardant quitter fièrement ce monde pour la bonne œuvre qu’ils s’en vont poursuivre dans le fond d’une poubelle verte (ce qui représente une seconde vie en soi), ou enfin, s’en servir pour faire un feu de joie en leur mémoire.

Trêve de tergiversation, c’est l’été alors profitons-en: ON LES BRÛLE!! À moins que quelqu’un en ait besoin pour stabiliser une table? C’est pénible une table bancale. Évidemment si tu as besoin du pavé de 1165 pages, j’ai un conseil pour toi : change de table, tu vas être plus heureux.

Dilemme shakespearien de l’aire moderne

Jeter ou brûler des livres, c’est terrible! C’est comme si on crachait sur la transmission du savoir et le partage des connaissances, sur la mémoire de nos ancêtres ou même le patrimoine mondial. MAIS PUISQUE JE TE DIS QU’ON NE PEUT PLUS RIEN FAIRE AVEC CES LIVRES-LÀ!

Réjouissons-nous tout de même car ils auront eu la belle vie. Ils n’auront peut-être pas de deuxième vie, mais la seule et l’unique qu’ils auront connue, était riche et prospère entre les mains de leur propriétaire, nul autre que notre collègue Patrick Bélanger. Si vous connaissez Patrick, avouez que vous auriez voulu être l’un de ces livres! Un livre qui pénètre le cerveau de Patrick a toute sa raison d’être et pourra mourir tranquille, avec le sentiment du devoir accompli et la certitude que sa vie avait un sens.

Pour la petite histoire, sachez que ces ouvrages sont essentiellement teintés Microsoft, sauf pour les plus anciens, car Patrick s’est cherché avant de tomber sur son premier amour et d’autres merveilles du genre. Delphi, successeur de Turbo Pascal, voilà le nom de son premier coup de cœur, un langage de programmation que l’on doit au sympathique (dit Patrick en pointant sa photo) suédois Anders Hejlsberg. Ce monsieur est aussi l’initiateur de C sharp.

Tourner une page d’histoire

À l’époque, croyez-le ou non, mais Patrick a acheté ces livres pour le plaisir. Oui, oui, pour le plaisir. Un livre de 1165 pages sur ASP.NET juste pour le plaisir. Amateurs de poésie, bonjour! Certains datent d’il y a 16 ans. Comme il dit, c’est « fou raide! ». Moi je dis : Non, ce qui est fou raide c’est que tu aies acheté ce livre JUSTE pour le plaisir. Et je rajoute allègrement : ce qui est encore plus fou raide, autrement dit ce qui rentre dans la sphère de la haute compétition du fou raide, c’est que des humains passent un nombre d’heures incalculables à écrire des ouvrages dont la pertinence ne durera que quelques mois tout au plus.

J’imagine bien, par un beau matin bourgeonnant, Dino Esposito se lever et se dire « J’ai comme la terrible envie de passer des années à écrire un livre utile et extrêmement pointu. mais à durée de vie très limitée que 12 personnes vont lire ». Chapeau Monsieur! Une chance qu’il y a des gars comme Patrick qui savent apprendre et traiter l’information instantanément, faire des liens prompts entre les différentes technologies sans cesse renouvelées.

Je pense que Dino s’est aussi dit « Je vais y ajouter des citations de Shakespeare, histoire que personne ne puisse jamais écrire que mon livre est complètement démodé. »

[img]livre-informatique.jpg|750||true|Hosting APS.NET outside IIS|[/img]

Bref, aujourd’hui notre collègue Patrick pleure ses ouvrages qui lui ont appris tout ou à peu près tout ce qu’il sait aujourd’hui… Ou plutôt ce qu’il savait. Et vous, amis auteurs, êtes-vous tristes qu’on jette vos œuvres? À bien y penser, vous devez, au contraire, en être très heureux. Aujourd’hui, vos livres, si vous en écrivez encore, se retrouvent en version électronique. C’est l’Eldorado! Tu écris sur une matière qui devient la matière pour apprendre la matière.

Imagine. Ta passion dans la vie c’est la fraise (pourquoi pas?!) et toutes les questions se rapprochant de près ou de loin au fruit de ton bonheur. Et, un jour, tu découvres qu’on peut lire à travers une fraise. Bon, ok, il est temps que ce blogue prenne fin. Une interrogation m’interpelle toutefois.

Est-ce que quelqu’un utilise encore des livres pour étudier dans le domaine? Paraît-il que pour passer des certifications, nos collègues (sauf un! Mais qui est donc cet énergumène?) préfèrent généralement travailler avec une version papier. Ha oui? Pensez-vous alors qu’il faille encore continuer à imprimer des livres qui traitent du sujet informatique? Et de façon générale, les mots « livre » et « avenir » peuvent-ils encore cohabiter dans la même phrase?

La question est lancée. Venez y réfléchir avec nous autour du feu!

PS : Âmes sensibles, ne vous en faites pas, chez Nmédia, on aime beaucoup la poubelle verte.

RePS : On pourrait jouer à « Qui qui fait la tour de livres la plus haute ». Ça c’est vraiment fou raide!